La Luciole et le Réverbère.

 



Une luciole voletant dans le jour finissant
Vint se poser sur le bord d’un réverbère.
Et, dans ces termes elle lui demanda :
« Pourquoi n’éclaires-tu pas ton bout de trottoir,
Comme tes camarades dans la rue courante ? »
L’air triste et les verres embués, il regarda la luciole
Et dans un sanglot qui perlait dans un angle de lampe.
Il lui répondit en ces mots :
« C’est tous les soirs ainsi, les veilleurs passant, 
Allument mes frères dans la rue centrale, 
Mais moi, je suis dans un angle mort de la rue et d’une impasse.
Alors ils m’oublient et je ne sers plus à rien. 
Même les petits amoureux fuient mon coin de trottoir.
Et le banc en dessous se désespère de leurs chaleurs
Et de leurs de promesses d’amours. »
Dans une profonde réflexion, la petite luciole eut une idée,
Fort lumineuse (ce qui était normal pour elle !) 
« Ne bouges pas de là ! » dit-elle au réverbère…
Ce qui aurait été difficile pour lui de partir de là, d’ailleurs… !
Elle alla au coin de la rue et siffla ses copines.
Elles se ramenèrent dare-dare et d’un petit discours, les harangua
Et qui donna ceci :
« Bzzzzzz !!! Bzzzzz !!!! Blaaaaa Blaaaa !!!! Mmmeeeiiuuummmm.. »
« Vooouuuiii ! Voooouuuuiiii ! Oooohhh ! Aaaahhh !! Aaaahhh voouuuaaiii ! »
Répondirent-elles dans un chœur (digne d'un Verdi, bref comme dit Pépin pressé) et même élan...
Elles vinrent se mettre en rang par deux en colonne par trois
En file indienne, côte à côte, les unes derrière les autres, etc… ! (En surplus)
Et elles pénétrèrent dans le réverbère et au signal sonore (biiippp !) de la luciole,
Se mirent toutes ensembles à éclairer de mille et un feux le coin de rue.
A tel point que notre brave réverbère retrouva sa lumière, et cela tous les soirs,
Grace à son amie la luciole et désormais ses nouvelles amies les lucioles.
Il était devenu le réverbère le plus lumineux de ce coin de rue,
Le banc quant à lui retrouva lui aussi de la joie de revoir
Des jeunes amoureux venir se conter fleurettes sur ses lattes de bois.

Comme quoi ! Il en faut peu pour qu’une amitié naisse avec un brin de solidarité.

Thierry HONNAY
Le Cap ‘tain…  
Le 25 février 2014

Source : Page Facebook - "De l'Encre et du Papier"